Il pleut des cordes : derrière l’averse, une image très concrète

Vous l’utilisez pour parler d’une pluie torrentielle, continue, qui transforme la rue en rigole. Et, là encore, l’expression repose d’abord sur une scène visuelle.

Une origine d’optique et de sensation

Quand la pluie tombe très fort, les gouttes deviennent difficiles à distinguer une par une. À l’œil nu, elles forment des traits serrés, presque verticaux, comme des “lignes” qui zèbrent l’air. C’est cette impression qui a donné l’image des cordes qui “tombent” du ciel.

Autrement dit : ce n’est pas une pluie “avec des cordes”, c’est une pluie qui ressemble à des cordes.

Une famille d’expressions plus ancienne (hallebardes, lances…)

« Pleuvoir / tomber des cordes » appartient à une série d’images du même type : on disait aussi « pleuvoir des hallebardes » (ou des lances), toujours pour évoquer une chute dense et violente, où les gouttes semblent se transformer en objets longs et pointus. Des dictionnaires et recueils d’expressions signalent une attestation ancienne de cette famille (fin XVIIe siècle, notamment chez Furetière).

Le sens actuel

Aujourd’hui, l’expression est familière et signifie simplement : pleuvoir très fort, souvent avec l’idée de rideau d’eau continu.

Ce qu’il faut retenir

  • Image principale : l’effet visuel d’une pluie “en traits”, comme des cordes.

  • Expression apparentée : « pleuvoir des hallebardes », même logique d’image, plus ancienne dans les sources.

  • Usage actuel : registre familier, “pleuvoir très fort”.